Eglise Saint Hubert (BLASCHETTE)
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HISTOIRE


Concernant les références anciennes sur le site, le registre de Marie Thérèse (1752-1772) a répertorié pour la Seigneurie Meysembourg une chapelle à Blaschette. Mais durant les années 1770, aucun bâtiment ne fut relevé par l'arpenteur du comte Joseph Jean de Ferraris à l'emplacement actuel de l'église. Le centre historique du village y apparait d'ailleurs plus au sud aux abords de la forêt.
Une curiosité dans la forêt toute proche est la caverne appelée « la chapelle Fautelfiels » qui fut taillée à même le rocher. Ses origines sont mystérieuses et pourraient remonter à la période néolithique car des incisions rupestres et vestiges de cette époque furent retrouvés dans les rochers voisins. Ce n'est qu'à la fin du 18ème siècle que la chapelle reçut son caractère religieux en devenant un lieu de refuge pendant la Révolution Française. C'est là qu'on célébrait la messe en cachette, sur l'autel de fortune taillé dans la paroi. En 1840, l'autel actuel et les statues, provenant de l'église démolie de Blaschette, ont été installés dans la caverne. La nouvelle église de Blaschette fut ainsi construite en 1842 à l'emplacement actuel connu, càd plus au Nord par rapport au centre plus ancien du village.
Elle fut malheureusement détruite lors d'un incendie qui se déclara le 8 août 1938 vers 5 heures du matin. Quelques objets de culte purent être sauvés « grâce au courage de la jeunesse du village », mais tout le reste brûla ; seul le clocher fut un peu plus épargné et domina les ruines. La construction de la nouvelle église, un peu à côté, fut financée par tous les habitants du village. Elle fut achevée un an plus tard d'après les plans de l'architecte eschois Jean Deitz-Kintzelé et l'entrepreneur Tretsch de Mersch se chargea de l'exécution des travaux. D'après André Weyland, Président de la fabrique d'église de Blaschette, la voûte fut offerte par la Grande Duchesse Charlotte qui put approvisionner l'église en bois de construction pour la charpente grâce à l'exploitation du bois de la forêt du Grünewald proche. La consécration de l'église eut lieu le 29 octobre 1939 et les anciennes cloches furent « mises en branle par un moteur électrique qui aurait dû être posé le jour même de l'incendie ». La même année, en 1939, lors des commémorations du centième anniversaire de l'Indépendance du Luxembourg, un char représentant l'église de Blaschette en miniature défila dans les rues de Mersch.

DESCRIPTION EXTERIEURE ET INTERIEURE

'église a été bâtie de manière originale sur une base rectangulaire avec une tour de clocher imposante décalée sur le côté. Un porche couvert auquel on pénètre par un double arc brisé en angle droit donne accès à la porte d'entrée. Un grand vitrail circulaire avec une croix domine la façade principale. Dessous, un bas-relief en pierre de Saint Hubert d'Aurelio Sabbatini. La toiture porte sur deux niveaux couvrant la Nef en hauteur et le Chœur (avec en excroissance la sacristie) plus bas. Elle est d'origine sauf pour le sommet de la sacristie et la tour du clocher qui ont été refaits. La peinture de la façade extérieure (ainsi que l'intérieur) a été refaite en 2017 par Miro Fassaden sàrl de Remerschen.
La nef unique de forme rectangulaire compacte est couverte d'une voûte en berceau. Un épais arc de triomphe marque nettement la séparation avec le Chœur à la voûte également en berceau mais plus basse. Il forme un ensemble harmonieux avec les embrasures en pointe encadrant les vitraux.
Tous les vitraux de l'église ont été réalisés en 1938 par Linster d'après les dessins de Notker Decker. Il est à noter une urgence en matière de restauration puisque ceux-ci sont en train de s'affaisser. Les 6 vitraux de la Nef représentent les 7 sacrements cad les 3 sacrements de l'initiation chrétienne : le baptême, la confirmation, (l'Eucharistie n'est pas représentée par un vitrail); les sacrements de guérison : la réconciliation et l'onction des malades puis les sacrements de l'engagement: l'ordination, le mariage.

Deux vitraux avec les symboles du Christ éclairent la gauche du chœur ; ce dernier se termine en un chevet plat décoré d'une fresque peinte par Emile Weber en 1963. Dans les années 1980, une couche de peinture grise a été apposée sur le chevet ; elle contourne les dessins de la fresque. Des sondages ont d'ailleurs été effectués plus récemment.
La sacristie est située sur la droite du Chœur. On y accède par une porte simple mais décorée d'un vitrail en forme de croix. A l'intérieur de celle-ci, une suite de 3 beaux vitraux illustrés avec des caractères typographiques.
Au pied de la tour, à l'opposé de la porte d'entrée, derrière une belle porte en fer forgé, se trouve une chapelle baptismale dont les vitraux représentent l'arche de Noé en 3 parties :
« Hoffnung », « Glauben » et « Liebe ». Le font baptismal circulaire a été conçu dans les mêmes tons de marbre veiné que le Maître-Autel. Le couvercle refermant le font a été réalisé par le ferronnier d'art Michel Haagen.
À la suite du Concile Vatican II, le Chœur fut agrandi au moyen de nouvelles marches placées plus en avant et donnant accès à un espace plus ouvert. L'ensemble des sols pour cette partie fut donc changé, contrairement aux autres revêtements de sol de l'église qui sont restés d'origine. Comme à l'accoutumée, un nouvel Autel face au peuple fut installé. Cependant, les autels latéraux furent retirés et remplacés par des consoles en marbre identique au nouvel autel face au peuple. A gauche, la Consolatrice des Affligés porte, de la main droite, un sceptre et, de la main gauche, l'Enfant-Jésus assis tenant un orbe, un globe terrestre surmonté d'une croix ; tous deux sont coiffés d'une couronne royale. Sur la droite, Joseph porte l'Enfant-Jésus dans ses bras.

Vues à 360° de l'intérieur de l'église, cliquer sur l'image et zoomer pour plus de détails

Le Maître-Autel en marbre veiné date de la création de l'église, de même que le chemin de croix en bas-relief en bois. Le confessionnal date aussi des années 30 dans un style et une typographie art déco.
Au-dessus de la tribune à laquelle on accède par un escalier en terrazzo d'origine, une rosace du jugement dernier avec les anges et leurs trompettes, domine la façade principale de l'église. Celle-ci fut restaurée il y a 4-5 ans par une entreprise allemande. En dessous, 3 petits vitraux aux messages suivants sur leur contour : « AUF DICH O HERR HABE ICH GEHOFFT - IN EWIGKEIT WERDE ICH NICHT ZU SCHANDE »; HALTET EURE LAMPEN BEREIT DENN IHR WISSET NICHT WANN DER HERR KOMMT; « ICH BIN GEKOMMEN UM FEUER AUF
DIE ERDE ZU SENDEN U. ICH WILL DAS ES BRENNE ».
Un nouvel orgue électronique de marque Ahlborn a été acquis en 1997 ; l'ancien piano Kléber est encore visible dans une pièce annexe sur la tribune.
Les deux cloches ont été fondues pour l'église de Blaschette en 1860 par les Frères Mabilon de Saarburg conjointement avec Bénigne Eisenbach de Luxembourg : celle dédiée à « Hubertus » a un diamètre de 93cm et pèse 500 kg ; celle dédiée à « Maria » mesure 88 cm de diamètre pour 400kg.


RESUME


Le bâtiment, par son architecture originale des années 30 conçue par l'architecte Jean Deitz-Kintzelé, le bas-relief en pierre du Saint-Hubert par Aurelio Sabbatini, le mobilier tels l'Autel principal et le baptistère en marbres ainsi que les vitraux de Linster qui nécessitent une restauration, constituent un ouvrage d'art digne de protection. La forte implication de la population dans la reconstruction de l'église suite à l'incendie en fait un élément relevant en termes d'histoire locale. L'ensemble présente du point de vue historique et architectural un intérêt public à être protégé.

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